De l’information scientifique simple, validée et digérée par une équipe de médecins chercheurs de l’Hôpital Necker-Enfants Malades – Université de Paris (Obstétrique – Médecine, Chirurgie et Imagerie Foetales) 

À destination des femmes enceintes mais aussi de leur famille et de leurs proches

QUESTIONS GENERALES AUTOUR DU COVID 19

Le virus nous contamine pas les voies aériennes: soit directement par des gouttelettes contaminées envoyées par un malade qui parle, tousse, éternue près de nous (moins d’un mètre environ), soit parce que nous portons nos mains contaminées (par le contact avec d’autres mains ou surfaces souillées par le virus) à notre visage.

Le diagnostic est soit clinique: on a des symptômes très évocateurs, en cette période épidémique. Soit on fait le test: le virus est détecté par une technique spéciale (PCR) dans vos sécrétions nasopharyngées. Il n’y a pas de test sanguin pour savoir si l’on est malade.

En revanche, il semblerait le scanner thoracique montre des lésions assez spécifiques chez les malades.

Probablement qu’une majorité de personne ne présente strictement aucun symptôme. Ils sont contaminés, porteurs et donc hautement contagieux mais ne le savent pas, ni leur entourage. C’est pour cela que le confinement, la distanciation sociale, les gestes barrières sont essentiels. Ils nous protègent et protègent les autres.

Beaucoup d’individus malades présentent un syndrome grippal (courbature, fièvre plus ou moins élevée, maux de têtes), des maux de gorge, une toux, mais aussi souvent une perte de l’odorat et du goût qui semblent assez spécifiques de cette pathologie.

Le plus souvent cette symptomatologie évolue sur quelques jours, et tout rentre dans l’ordre en quelques jours, sans traitement ou avec éventuellement un peu de paracétamol pour supporter la fièvre.

Certains individus, heureusement moins nombreux, vont présenter une forme plus grave, d’emblée ou après quelques jours d’évolution ou même parfois une amélioration transitoire: fièvre nettement plus élevée, difficulté respiratoire, douleur thoracique. Dans ce cas, un avis médical et souvent une hospitalisation sont indispensables.

Encore plus rarement (<5%) des individus vont nécessiter des soins intensifs ou un hospitalisation en réanimation. Parmi ceux là, certains décèdent, surtout quand ils sont déjà atteints d’autres pathologies.

Si vous avez une forme non ou peu symptomatique, il suffit d’attendre en restant confiné pour limiter de transmettre la maladie. La maladie évolue favorablement en quelques jours. Restez chez vous, en lien avec votre médecin traitant ou en consultation. N’appelez pas le 15, ne vous rendez pas à l’hôpital.

Si la situation s’aggrave, si vous avec une gêne respiratoire, une douleur thoracique…appelez le 15.

À compter des premiers symptômes, il faut compter un minimum de 8 jours dont au moins 48 heures sans fièvre.

À l’échelle individuelle, c’est moins grave que d’autres maladies infectieuses avec une mortalité probablement < 3%. Néanmoins, la grande contagiosité du coronavirus (plus forte que la grippe) et l’existence de formes peu ou pas symptomatiques entraînent une explosion du nombre de cas en peu de temps. Si la grande majorité des patients va bien, la proportion de patients ayant besoin de soins medicaux devient rapidement importante et peut dépasser les capacités du système de soin. Cette saturation rapide du système de soins peut également avoir des conséquences sur les autres malades: plus de place pour prendre en réanimation ou en soins, un infarctus, une embolie pulmonaire, une femme qui vient d’accoucher avec une hémorragie, un opéré ou un cancer qui va mal, un accidenté de la route….!

Actuellement, la priorité des établissement de santé est dont de libérer des lits partout, les médecins toutes spécialités confondues ne s’occupent que de faire de la place pour les patients contaminés covid+ nécessitant des soins. L’urgence est de limiter au maximum le nombre de malades, la vague arrive, elle va être très très grosse

Le problème pour le dépistage est que nous n’avons pas un très bon test: il s’agit d’un test basé sur un prélèvement nasal, peu agréable. Il faut que les sécrétions nasales soient suffisamment abondantes et n’est pas fiable à 100% (il y des faux négatifs).

Nous ne pouvons réaliser que peu de tests pour l’instant compte tenu des capacités actuelles des laboratoires et les résultats nécessitent plusieurs heures (des techniques rapides arrivent, permettant une réponse en une heure sur une simple prise de sang…). Un jour bientôt, nous pourrons donc dépister sur une simple prise de sang mais ce test n’existe pas actuellement.

En pratique, on ne peut pas techniquement prélever tout le monde et il y aurait de toute façon des faux négatifs. Si on ne fait que prélever les personnes symptomatiques, ce serait déjà énorme mais on raterait plus de la moitié des porteurs, car on sait aujourd’hui que près de la moitié des malades sont totalement asymptomatiques…

Aujourd’hui, nous ne dépistons France que les cas nécessitant une hospitalisation, les personnes à risques, les éventuels cas groupés, les doutes avec d’autres maladies…A l’hôpital Necker-Enfants Malades, chez les femmes enceintes les tests sont pour l’instant réservés aux formes symptomatiques (fièvre et toux)..

Les chiffres de malades annoncés sont de plus en plus sous-estimés puisque nous ne dépistons pas tout le monde mais c’est la règle en phase 3 d’une épidémie, puisqu’on sait que de toute façon que le virus circule largement. C’est aussi pour cela que la mortalité apparente (nombre de morts/nombre de malade) paraît très importante. Par exemple, lorsqu’un cas probable contacte le corps médical, la règle est maintenant de conseiller de rester bien confiné avec un simple traitement symptomatique, en lien avec son médecin traitant et de ne contacter le SAMU ou les urgences qu’en cas d’aggravation.

On ne cherche plus à isoler les cas mais à empêcher au virus de passer d’une personne à l’autre…C’est le principe du confinement qui doit être absolument respecté. Si vous êtes malade (sans le savoir), vous ne contaminerez personne et le virus s’éteindra en deux semaines environ. Si vous êtes sain mais que votre voisin, votre collègue, votre boulanger….est malade, même sans le savoir, il ne vous transmettra jamais le virus si vous respectez le confinement, la distanciation sociale, les règles d’hygiène…

Nous ne serons pas tous contaminés, certains sont surement plus résistants, plus chanceux, le virus va peut être devenir moins virulent avec la saisonnalité…et parmi les contaminés, beaucoup ne s’en rendront pas compte (ou auront parfois des symptômes atypiques que nous connaissons mieux aujourd’hui comme la perte de l’odorat ou du goût – cela revient vite…-), quelques-uns sentiront une grosse grippe. Les formes graves (10-20% font une forme grave et moins de 5% iront en réanimation) sont plus fréquentes chez les personnes âgées, ainsi une personne sur deux COVID + en réanimation à plus de 60 ans. Mais les jeunes peuvent aussi être atteints, parfois très gravement, même sans avoir d’autre pathologie. Comme de plus en plus de personnes sont contaminées, on voit émerger ces formes rares mais graves chez des jeunes.

Le gros problème comme vous l’avez compris est le nombre de cas très graves regroupés sur une courte période de temps, ce qui met à mal notre système de santé. Le confinement maximal est essentiel pour ralentir et lisser le nombre de cas. Le rôle que vous tous pouvez jouer est ESSENTIEL.

Les labos travaillent activement sur la sérologie, le problème étant que pour l’instant les réactions croisent avec les autres coronavirus. Ce sera clairement une aide.

CONFINEMENT, PREVENTION ET TRAITEMENT

On ne peut pas être sûrs des “zones peu infectées” car le virus circule maintenant presque partout et du fait du temps d’incubation et de cas peu ou pas symptomatiques, des zones paraissant “calmes” seront peut être très touchées d’ici quelques jours.

Beaucoup de citadins ont pensé qu’il était judicieux de partir à la campagne en période de confinement: cela va participer à la dissémination du virus sur le territoire car eux mêmes, s’ils sont porteurs asymptomatiques vont potentiellement contaminer de nouvelles personnes et de nouveaux territoires, ou se relâcher sur les gestes barrières et le confinement et finalement se contaminer dans une zone qu’ils pensaient sûre.

Probablement lorsque l’on observera un ralentissement du nombre de cas et en particulier de formes graves.

Le virus nous contamine pas les voies aériennes: soit directement par des gouttelettes contaminées envoyées par un malade qui parle, tousse, éternue près de nous (moins d’un mètre environ), soit parce que nous portons nos mains contaminées (par le contact avec d’autres mains ou surfaces souillées par le virus) à notre visage.

Si l’on porte un masque, on évite de recevoir directement des gouttelettes contaminées puisque celles-ci seront arrêtées par le masque. En revanche, le masque doit être parfaitement utilisé: si on porte le masque dans le sens inverse du sens correct, si l’on retourne accidentellement le masque (intérieur/extérieur), si on le porte trop longtemps (alors qu’il est donc chargé de particules potentiellement contaminées), si on se touche le visage sous le masque (les souillures restant donc beaucoup plus au contact du visage)…..alors le masque ne nous protège plus mais nous expose au contraire beaucoup plus. On voit également beaucoup de personnes porter des masques totalement inefficaces (masques pour le sport, en tissu, masques de chantier…). C’est la raison pour laquelle, globalement, le masque n’est pas utile en population générale car trop souvent à risque de plus exposer que protéger. Le masque est avant tout nécessaire pour un soignant en contact rapproché avec une personne malade qu’il doit prendre en charge.

Le confinement et la distanciation sociale (+ de 1 mètre entre deux personnes, éviter les réunions et les salles confinées.. ) protègent mieux que le masque.

Le virus ne pénètre absolument pas par la peau. De plus, le coronavirus est un virus fragile, définitivement détruit par les détergents habituels. Le seul intérêt des gants, est de pouvoir toucher une surface souillée (par exemple le visage d’un malade) et ensuite de pouvoir retirer simplement ses gants, se laver les mains et avoir à nouveau les mains parfaitement propres. Comme le font les médecins ou les chirurgiens entre les patients.

Lorsque qu’un individu “lambda” porte des gants : il ne sait pas les mettre donc le plus souvent il souille la surface extérieure avant même d’avoir terminé de les enfiler. Il va toucher pleins de surfaces contaminées dans son quotidien (portes, transports…) et ses gants vont accumuler toutes ces contaminations au fur et à mesure de la journée. A chaque fois que l’individu va, sans même s’en rendre compte, toucher son visage avec ses mains gantées, le résultat est catastrophique.

La encore, en population générale: limiter ses contacts et se laver très régulièrement les mains est une bien meilleure solution!

Plusieurs essais sont actuellement en cours, en France en particulier. Il n’y a pas pour l’heure de traitement spécifique et des molécules jugées efficaces dans des situations similaires sont en cours de test. Il s’agit d’antiviraux utilisés contre le HIV, d’antibiotiques et de dérivés de molécules antipaludiques ayant déjà montré une efficacité dans certaines infections virales. Ces traitements, qui peuvent comporter des effets secondaires ne sont utilisés que dans le cadre de la recherche, pour les formes les plus sévères et ne doivent pas être pris en automédication. Pour l’heure, les seules recommandations pour les personnes infectées ou suspectes à la maison, sont le traitement de la fièvre par le paracétamol (doliprane, dafalgan, efferalgan ou generique) et d’éviter les corticoïdes par voie orale ainsi que les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène.

La mise au point d’un vaccin est habituellement longue (+ de 1 an), les étapes qui encadrent la sécurité et l’efficacité étant chacune soumises à des contraintes strictes. Néanmoins, chaque année un nouveau vaccin est rapidement déployé pour la grippe, montrant qu’il est possible de réaliser un vaccin en un temps relativement court. Dans le cas du coronavirus, la difficulté est qu’il s’agit d’un virus pour lequel il n’y a pas encore eu de vaccin, contrairement à la grippe. Toutes les étapes sont donc à faire et même si des efforts importants sont déployés, l’arrivée d’un vaccin efficace prendra plusieurs mois.

Le confinement actuel vise à permettre aux individus de poursuivre des activités essentielles: aller travailler quand le télétravail est impossible, aller voir un proche dans le besoin, d’aller chez le médecin, faire ses courses…

Les français doivent surtout comprendre le concept. Dans leur intérêt et celui de tous, en cette période d’épidémie active de ce virus très contagieux, ils doivent limiter au maximum leurs contacts (en dehors des gens qui sont dans le même foyer évidemment). Les sorties pour faire les courses ne doivent pas être faites en famille, mais par une seule personne. Ceci est également vrai pour les courtes séances de sport à l’extérieur. Le confinement doit être respecté même au sein d’un résidence – entre voisins – ou d’un jardin partagé entre plusieurs familles. II faut éviter au maximum d’être à moins d’un mètre d’une autre personne, éviter au maximum de toucher des surfaces que d’autres peuvent toucher pour ne pas se contaminer (en portant ensuite inconsciemment ses mains non lavées à son visage), ni de contaminer les autres.

Plusieurs scénarios sont possibles et dépendent de la durée du confinement ainsi que de la nature des tests et de leur disponibilité. En Chine le confinement drastique et prolongé a permis d’annuler semble t il le nombre de nouveaux cas journalier. Le confinement est simplement progressivement relaché en surveillant l’apparition de cas. Néanmoins, une stratégie permettant de tester une grande proportion de la population (test par frotti nasal ou sérologie si elle devient disponible) permettrait de libérer plus rapidement le confinement en assurant la sécurité de la population en prenant le modèle sud-coréen ou allemand.

Si on pouvait tous s’arrêter totalement d’avoir le moindre contact pendant 15 jours, alors logiquement l’épidémie serait éteinte. Mais ce n’est pas possible. Nous devons maintenir un minimum d’activité donc probablement que 2 semaines ne seront pas suffisantes pour infléchir significativement les courbes. On parle plus souvent aujourd’hui de 4 à 6 semaines mais personnes ne sait exactement… Une chose est certaine: plus le confinement est respecté, plus il est efficace, donc plus il sera court !

À ce jour, toutes ces filières sont préservées. Il n’y a pas de raison que nous ayons des pénuries…

COVID-19, GROSSESSE et NECKER

Restez chez vous! Pas de mesures particulières parce que vous êtes enceinte, MAIS des mesures barrières renforcées si possible avec port de masque, respect des distances (+ de 1 mètre) et lavage de mains très fréquent.

Restez chez vous! Pas de mesures particulières parce que vous êtes enceinte, MAIS des mesures barrières renforcées si possible avec port de masque, respect des distances (+ de 1 mètre) et lavage de mains très fréquent.

Restez chez vous! Pas de mesures particulières parce que vous êtes enceinte, MAIS des mesures barrières renforcées si possible avec port de masque, respect des distances (+ de 1 m) et lavage de mains très fréquent.

Restez chez vous! Les critères retenus pour faire un dépistage systématique sont toux ET fièvre (+ 38°) chez une femme >26SA. Si vous n’avez pas ces 2 signes, il n’y a pas de raison de faire un dépistage. Il sera utile de rappeler si ces 2 signes apparaissent dans les jours qui viennent. En particulier, une femme enceinte présentant de la fièvre doit être vue. Si vous avez des difficultés respiratoires, appelez le 15.

À ce jour, les quelques études à disposition sont rassurantes et ne montrent pas de transmission du virus entre la mère et le fœtus.

COVID-19, GROSSESSE et NECKER (suite)

Oui, les conditions d’allaitement sont inchangées malgré une contamination de la Maman par le coronavirus – vous allez devoir porter un masque et prendre des mesures d’hygiène des mains plus importantes.

Vous devez appeler les urgences avant de venir à l’hôpital pour vous diriger le mieux possible. Nous sommes bien sûr toujours ouvert 24h sur 24 et vous prendrons en charge comme habituellement.

À ce jour, le Papa peut assister à l’accouchement si vous n’êtes pas contaminée. La situation sera évaluée tous les jours en fonction de l’évolution de l’épidémie.

Non, le Papa ne pourra pas assister à l’accouchement.

Aucun accompagnateur n’est autorisé pour les consultations ou échographies, quelle qu’elle soit.

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